Responsable des Affaires européennes en collectivité locale

21412142812_86b47b25be_oAutres appellations : Responsable de l’action européenne, Chargé(e) de mission programmes européens, Chargé(e) de mission fonds européens et politiques européennes, Chef de projet Europe…

Il existe une grande hétérogénéité quant à la place donnée aux questions européennes dans les collectivités territoriales, essentiellement en raison d’une volonté politique variable chez les élus. « Les responsables des affaires européennes » opèrent au niveau communal (Conseil municipal), départemental (Conseil général) et régional (Conseil régional) ou dans les organismes de coopération intercommunale. Le nombre de chargés de mission Europe varie en fonction du type de collectivité, d’une personne dans les communes, à cinq ou six personnes dans les conseils régionaux.

Description du poste

Le responsable des affaires européennes encourage et soutient le développement européen de la collectivité, dans une dynamique de développement territorial. Il accompagne la collectivité dans le montage et la réalisation de projets européens.

Principales activités

  • Suivi et coordination des activités européennes de la collectivité;
  • Montage et suivi de projets européens : détection de projets potentiels, recherche de partenaires, montage des dossiers, communication interne/externe;
  • Recherche de financements de fonds structurels, voir si des financements sont mobilisables;
  • Communication et promotion des actions européennes de la collectivité;
  • Sensibilisation des services de la collectivité aux problématiques européennes;
  • Assistance et conseils aux élus;
  • Formation et assistance technique pour les services opérationnels de la collectivité;
  • Veille et diffusion d’information (en partenariat avec bureaux de représentation à Bruxelles notamment sur la législation et les programmes européens);
  • Travail régulier de manière transversale avec les directions thématiques de la collectivité (recherche, éducation, environnement, culture…);
  • Entretien de relations étroites avec des homologues des autres collectivités territoriales;
  • Entretien de partenariats avec les associations et le secteur du parapublic

Conditions d’accès au métier et compétences spécifiques

  • Fonction Publique territoriale, filières administrative ou technique. Agents de catégorie A (administrateurs, attachés, ingénieurs). Accès sur concours, externe ou interne, avec conditions de diplôme (Bac+3 à Bac+5), ou concours 3e voie en fonction du cadre d’emploi. Agents contractuels;
  • Diplôme : Master, Doctorat;
  • Domaines de formation : études européennes, droit international, science politique, développement local…
  • Compétences : méthodes d’ingénierie de projet, management interculturel, veille et traitement de l’information, pratique d’une ou plusieurs langues étrangères (anglais requis);
  • Expérience professionnelle préalable requise

Rémunération (Traitement annuel brut en début et fin de carrière – données 2007)

  • Administrateur territorial : entre 24 500 € et 57 000 €;
  • Attaché territorial : entre 19 000 € et 43 500 €;
  • Ingénieur territorial : entre 19 000 € et 57 500 €

Bon à savoir

Les appellations des bureaux chargés des questions européennes varient selon les collectivités – par exemple en Alsace  :

Département du Bas-Rhin – Direction du développement territorial et international

Département du Haut-Rhin – Service de l’action internationale, transfrontalière et européenne

Région Alsace – la Direction des relations européennes et internationales

Le transfrontalier est un axe prioritaire des politiques locales surtout d’un point de vue économique.

Témoignage 1 : Cécile André (DESS « Politiques publiques en Europe », IEP de Strasbourg, Promotion 2000) – Son expérience au Conseil régional des Pays de la Loire

Intéressée par la question régionale, Cécile André a effectué son stage de fin d’études au bureau « Politique régionale » de la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne, qu’elle a complété par un deuxième stage « plus opérationnel » au sein du bureau de représentation de la Région Ile-de-France à Bruxelles. Cette dernière expérience se transforme en CDD puis en CDI, mais Cécile André trouve « le travail à Bruxelles intellectuellement très enrichissant, mais très loin du terrain », manquant « d’un côté opérationnel ».

Elle cherche alors un poste en collectivité territoriale pour faire valider le concours d’attaché territorial qu’elle a obtenu juste après son DESS. Assez rapidement, elle est embauchée au Conseil régional des Pays de la Loire en tant que chargée de mission « Lobbying européen », poste qui lui permettra de bien connaître les réseaux de collectivités régionales avec qui elle est en contact régulier.

Cécile André occupe ensuite un poste de responsable d’équipe sur les affaires européennes, auquel s’ajoutera la mission de coopération décentralisée européenne. En charge de l’information et de la sensibilisation à l’Europe auprès du grand public, elle développe « d’autres compétences, plus de communication et de vulgarisation de l’information, et de travail partenarial avec les acteurs locaux », et elle apprécie « la chance de travailler sur un territoire très dynamique. »

Evolutions et tendances

Alors que les cofinancements européens sont de plus en plus considérés comme une ressource nécessaire pour les collectivités, l’expertise des chargés d’affaires européennes est de plus en plus valorisée. Leur rôle pédagogique et de formateur interne est aussi renforcé pour favoriser la diffusion une culture « européenne» au sein de la collectivité.

Témoignage 2 : Anne-Laure Maclot (Master « Politiques européennes et coopération franco-germanique », IEP de Strasbourg, Promotion 2010) – Attachée territoriale au sein du Conseil Général de Moselle

Mme Maclot a étudié à l’IEP de Lille en double diplôme franco-allemand avec l’Université de Münster en Allemagne. Grâce au système de mutualisation, elle choisit l’IEP de Strasbourg et le Master « Politiques européennes parcours franco-germanique » pour effectuer son Master 2. Elle obtient ensuite un stage à l’Euro-Institut au sein duquel elle est chargée d’un projet de publication d’actes d’un colloque sur la coopération transfrontalière en Europe, mené avec l’Université de Strasbourg.

Pour son premier emploi, elle travaille à la Présidence belge de l’UE, au sein de l’équipe chargée de la logistique et du protocole autour des sommets européens. Fin 2010 alors que la Présidence s’arrête, Mme Maclot cherche du travail principalement à Bruxelles ou à Paris. Son expérience transfrontalière l’amène cependant à trouver un emploi au sein d’un programme de coopération territoriale en région. Elle commence à travailler à la Préfecture de la Région Lorraine sur le programme INTERREG « Grande Région » qui regroupe la Lorraine, l’Allemagne, la Wallonie et le Luxembourg. Elle s’occupe alors du suivi de projets, de la gestion financière et de la communication autour des fonds européens. Un an et demi plus tard, en octobre 2012, l’opportunité de travailler au Conseil Général de la Moselle, en charge des affaires européennes, s’offre à Mme Maclot. Elle passe alors de la gestion de projets à l’appui aux porteurs de projets mosellans : il s’agit de diffuser l’information sur les possibilités financières européennes, d’apporter un soutien lors de la phase de montage du dossier et de permettre aux élus de faire le bon choix de projets. Il faut mener un travail de pédagogie et expliquer que les fonds européens représentent un outil financier non négligeable.

Intérêt du métier :

«Le fait de travailler dans un milieu européen assure une cohérence vis-à-vis des études européennes. Cela permet de continuer à évoluer dans un environnement multilingue et interculturel. Travailler dans la fonction publique, c’est avant tout assurer le service public: se lever le matin et se dire « je vais faire quelque chose pour les citoyens, les administrés ». On est au contact des gens et on fait quelque chose de concret dont on peut voir la réalisation. A noter que l’on ne voit pas forcément les effets tout de suite car le temps politique est un temps long, et parfois les résultats n’arrivent que quelques années plus tard. C’est avant tout un investissement, et un travail de terrain. La dimension politique du métier est particulièrement intéressante : le Président du Conseil Général est là pour aider son territoire et également pour faire en sorte qu’il soit le plus attractif possible.

A partir de 2014, la nouvelle période de programmation des fonds européens débutant, il me faudra aller à la rencontre des services, des porteurs de projet potentiels afin de leur présenter les nouvelles possibilités financières.»

Pour en savoir plus

CHELIN-ALLANIC (2005) : « Rôle et fonction des collectivités locales dans le processus de construction », Connexions, n° 84. Répertoire des métiers territoriaux du CNFPT.

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